Cyberespace, la singularisation ?

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© Inconnu.

Le Cyberespace est-il un milieu à part entière ? S’il est perçu comme tel, les spécialistes peinent encore à s’accorder sur son existe en tant qu’objet alors que les cyberstratégistes les plus prudents s’entendent pour dire que, à la confluence de plusieurs milieux, il est ancré géographiquement dans tous les milieux. Et, est surtout, une nouvelle déclinaison des sphères stratégiques (Olivier Kempf, Introduction à la Cyberstratégie, 2012) artificielles. Il manque une singularisation.

Le Cyberespace est-il un milieu à part entière ? Quelques considérations philosophiques – que nous pourrions arbitrairement rattachées à la cybernétique (l’art de gouverner) – comme celles de Teilhard de Chardin (Le Phénomène humain, 1951) sont prolongées par une volumineuse littérature de science fiction. William Gibon est l’auteur ayant, manifestement, créée le néologisme de « cyberespace » – alors que Teilhard de Chardin évoquait une Noosphère plutôt cybernétique. Entre temps, et face à la popularité de son mot, il a plutôt tenu à en modérer sa portée puisqu’il pensait, surtout, à une métaphore.

Par ses caractéristiques (Olivier Kempf, Introduction à la Cyberstratégie, 2012), le cyberespace s’apparente plus à une sorte de « nouveau » milieu sous-marin entièrement conceptualisé par l’homme, totalement artificiel. La conflictualité y est fortement comparable, même dans les caractéristiques des actions stratégiques sous-marine et cyberspatiales. Outre l’ouverture du feu au profit d’une guerre symétrique, il s’agit, essentiellement, de criminalité, d’espionnage et d’offensive stratégique entre volontés politiques.

Pour reprendre Castex : c’est bien mais ce n’est pas la surface car l’exploitation de cette dernière, seule, permet d’atteindre ou d’influencer le sort de la décision stratégique à terre, essentiellement par le déplacement d’un corps terrestre par les espaces lisses (Deleuze et Guattari). Nous sommes dans l’offensive stratégique et surtout la stratégie négative.

Quelles nouvelles institutions différencient le cyberespace profondément des autres milieux ? Il recèle le potentiel pour renverser le paradigme issu de la Révolution de la guerre de masse qui réduit le besoin de professionnalisation par « égalisation de la puissance » entre individus via le fusil. Dans le cyberespace, nous revenons à la primauté des professionnels qui sont bien plus rares que les armes. Sans eux, impossible de manier des armes extrêmement délicates, artisanales car presque conçues pour chaque cible. Tous les procédés stratégiques ne se valent pas et il y a un monde entre une attaque par déni de service et Stuxnet.
Et finalement, qu’est-ce qui pourrait renverser les équilibres stratégiques ? D’une part, ce sont les capacités de calculs (fait observé depuis 1939) et une première (?) singularité : les robots. Ils sont déjà la population la plus nombreuse du cyberespace.
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